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Par la plume et par l'épée. Pierre-Jan, homme de lettres et caporal au 26e BCP

1914-1918, la Guerre / Effets militaires, insignes et décorations
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1916

Le port des chevrons

dans l'armée française


L'utilisation de chevrons (écussons en forme de V renversé) dans l'armée française est une pratique qui remonte à l'Ancien Régime. Ce symbole désigne en principe les vieux soldats ("brisques" d'ancienneté, qui ont donné le surnom de "briscards" aux militaires expérimentés), les soldats ayant subi une ou plusieurs blessures, ou bien les soldats d'élite. Suivant leur signification, les chevrons sont cousus sur la manche droite ou sur la manche gauche de l'uniforme, plus ou moins près de l'emmanchure ou du parement aussi. Il n'est donc pas surprenant que la Grande Guerre s'accompagne d'une remise au goût du jour de ces écussons lourds de signification et de prestige. Les documents ci-dessous sont des extraits de textes et circulaires officiels, qui réglementent le port des chevrons en 1916.

A. Circulaire du 25 juillet 1916, insérée au Journal Officiel du 28 juillet, page 6700 : 

Le Ministre de la Guerre a fait connaître que le port des chevrons de présence et de blessures étaient obligatoire. Messieurs les commandants des grandes unités et les chefs de service donneront donc des ordres, pour que tous les militaires sous leurs ordres soient pourvus sans retard des chevrons qui leur sont attribués par les prescriptions ministérielles rappelées ci-après : 

1) Chevrons d’ancienneté de présence. (Portés au bras gauche). 

Il est attribué un chevron pour une année effective de présence dans la zone des armées, et un chevron supplémentaire pour chaque nouvelle période de six mois. Les chevrons sont attribués dans les conditions de présence ci-dessus à tous les officiers ou assimilés et hommes de troupe en service dans la zone des armées, qu’ils soient ou non à la disposition du Général en Chef. Il y a lieu de comprendre dans le temps de présence dans la zone des armées le temps passé :

1° ) Dans les hôpitaux de l’intérieur pour blessure de guerre, blessure en service commandée, ou maladie ayant nécessité l’évacuation de la zone des armées ;

2° ) En captivité pour tous les militaires évadés ou rapatriés ;

3° ) Au Maroc et dans le Sud Tunisien depuis le 2 août 1914, au Togo entre le 7 et 27 août 1914 et au Cameroun entre le 7 août 1914 et le 1er mars 1916.

Les séjours interrompus dans la zone des armées s’additionnant pour le décompte du temps de présence exigé.

2) Chevrons de blessures. (Portés au bras droit).

Il est attribué un chevron par blessure de guerre, un seul chevron représentant des blessures multiples. Les blessures de guerre reçues antérieurement à la guerre actuelle et régulièrement inscrites sur le livret matricule donnent droit au port du chevron. Les brûlures par liquides enflammées et les accidents graves dus aux gaz asphyxiants sont assimilées aux blessures de guerre. On doit entendre par blessures multiples celles produites simultanément par un même projectile, quel que soit le nombre des atteints. Les blessures en service commandées qui ne sont pas des blessures de guerre ne donnent pas droit aux chevrons de blessure.

3) Nature des insignes.

Les chevrons sont en forme de V renversé et consistent pour les officiers et sous-officiers en un galon de grade or ou argent selon l’arme ; pour les caporaux ou soldats, en un galon « cul de dé » de 12mm de largeur, en laine ou coton bleu foncé, placé sur le milieu du haut de la manche de l’effet, le galon forme un angle droit, dont le sommet tourné vers le haut est à 100 mm environ de la couture d’emmanchure.

La longueur totale du galon, rempli du sommet compris, est au maximum de 120 mm. Chaque chevron supplémentaire est placé au-dessus du précédent à intervalle de 3 mm environ.

 

B. Lettre du ministre de la Guerre, du 4 août 1916 : 

Ministère de la Guerre. Cabinet du Ministre (n° 5185-D)

Paris le 4 août 1916. 

Le Ministre de la Guerre à monsieur le Général Commandant en Chef.

En réponse à votre lettre n° 21832 du 30 juillet 1916, j’ai l’honneur de vous adresser ci-joint copie de la décision que j’ai prise relativement à la description des insignes de distinction. J’ai estimé qu’il était suffisant de limiter aux vêtements portés pour le combat, le remplacement des chevrons en or et en argent des officiers et sous-officiers par des insignes en drap, laine ou coton de couleur bleu foncé.

Signé : Roques.

Pour copie conforme, au G.Q.G ; 1er bureau, n° 4447 en date du 7 août 1916.

Pour exécution, notifié à monsieur le général commandant l’armée à Remiremont.

 

C. Lettre du ministre de la Guerre, du 13 août 1916 :

Le 13 août 1916. 

Ministre de la Guerre. N° 5349-D.

L’addition à la note descriptive des nouveaux uniformes, relative aux chevrons à porter sur les vêtements de combat, et que je vous ai transmise en date du 4 août 1916, sous le n° 5185-D, doit-être modifiée de la façon suivante : au lieu de « couleur bleu foncé », lire « de la couleur des galons des caporaux et soldats de 1re classe ».

Signé : Roques